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Monographie


Dictionnaire / Encyclopédie


Collectif


Article


Revue / Périodique


Thèse

3. Possibilités manipulatoires de la sphère

      3.1. Vous pouvez la faire tourner dans tous les sens

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Nuage de mots-clés associé à : Vivant
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    NOTICES

    Liste des références bibliographiques indexées

    Monographie

    Sciences de la vie et de la culture

    François DAGOGNET
    Éditeur : Hachette - 1953


    Monographie

    La Logique du vivant. Une histoire de l'hérédité

    François JACOB
    Éditeur : Gallimard - 1970


    Monographie

    La Connaissance de la vie

    Georges CANGUILHEM
    Éditeur : Vrin - 1992


    Collectif

    Gilbert Simondon. Une pensée opérative

    Sous la direction de Jacques ROUX
    Éditeur : Publications de l’Université de Saint-Étienne - 2002


    Monographie

    Le Vivant et l’épistémologie des concepts. Essai sur Le Normal et le pathologique de Georges Canguilhem

    Guillaume PÉNISSON
    Éditeur : L’Harmattan - 2008


    Monographie

    L’Institution de la science et l’expérience du vivant. Méthode et expérience à l’Académie royale des sciences, 1666-1793

    Claire SALOMON-BAYET
    Éditeur : Flammarion - 1978


    Article

    Linné et la dénomination des vivants : portrait du naturaliste en législateur

    Jean-Marc DROUIN

    Sous la direction de Thierry HOQUET
    Dans Les Fondements de la botanique. Linné et la classification des plantes - 2005


    Article

    Les OGM : des objets vivants construits?

    André MICOUD

    Sous la direction de Jacques ROUX
    Dans Gilbert Simondon. Une pensée opérative - 2002


    Article

    Quelle dimension pour le vivant ?

    Jean-Marc DROUIN

    Sous la direction de Thierry MARTIN
    Dans Le Tout et les parties dans les systèmes naturels : écologie, biologie, médecine, astronomie, physique et chimie - 2007


    Article

    “Dans l’oubli de nos métamorphoses” : la mort et la complexité du vivant

    Jean-Claude AMEISEN

    Sous la direction de Paul BOURGINE, David CHAVALARIAS, Claude COHEN-BOULAKIA
    Dans Déterminismes et complexités : du physique à l’éthique. Autour d’Henri Atlan - 2008


    Article

    La vie existe-t-elle ?

    John STEWART

    Sous la direction de Paul BOURGINE, David CHAVALARIAS, Claude COHEN-BOULAKIA
    Dans Déterminismes et complexités : du physique à l’éthique. Autour d’Henri Atlan - 2008


    Article

    L’intercritique face au vivant, l’oeuvre d’Henri Atlan

    John STEWART

    Sous la direction de Françoise BALIBAR, Élie DURING
    Dans Critique. Revue générale des publications françaises et étrangères - 2002


    Article

    Les automates de l’âge classique à la cybernétique

    Mathieu TRICLOT

    Sous la direction de Nicolas LECHOPIER, Gilles MARMASSE
    Dans La Nature, entre science et philosophie - 2008


    Collectif

    L'Ordre et la diversité du vivant. Quel statut scientifique pour les classifications biologiques ?

    Sous la direction de Pascal TASSY
    Éditeur : Fayard - 1986


    Monographie

    La Simplexité

    Alain BERTHOZ
    Éditeur : Odile Jacob - 2009


    Article

    Spencer et les origines de la vie. La double induction comme méthode

    Stéphane TIRARD

    Sous la direction de Daniel BECQUEMONT
    Dans Penser Spencer - 2011


    Monographie

    La Connaissance de la vie

    Georges CANGUILHEM
    Éditeur : Hachette - 1952


    Monographie

    Autonomie et connaissance

    Francisco J. VARELA
    Éditeur : Seuil - 1989


    Monographie

    La Philosophie expérimentale de Diderot et la chimie : Philosophie, sciences et arts

    François PÉPIN
    Éditeur : Classiques Garnier - 2012


    Article

    Matière, matérialisme et statut du vivant : Entretien avec deux chimistes

    François PÉPIN, François HENN, Laurent BOITEAU

    Sous la direction de François PÉPIN
    Dans Les matérialismes et la chimie - 2012


    Monographie

    Claude Bernard. La révolution physiologique

    Alain PROCHIANTZ
    Éditeur : Presses Universitaires de France - 1990


    Monographie

    Vie, matière et observation

    Léon BRILLOUIN
    Éditeur : Albin Michel - 1959


    Monographie

    Georges Canguilhem : Philosophe de la vie

    François DAGOGNET
    Éditeur : Les Empêcheurs de penser en rond - 1997


    Monographie

    La Connaissance de la vie aujourd'hui

    Jean GAYON, Victor PETIT
    Éditeur : ISTE Editions - 2018


    Monographie

    La nature du social : L'apport ignoré des sciences cognitives

    Laurent CORDONIER
    Éditeur : Presses Universitaires de France - 2018


    MONOGRAPHIE

    Sciences de la vie et de la culture

    • Pages : 96
    • Collection : Textes et documents philosophique
    •  
    • Support : Document imprimé
    • Edition : Original
    • Ville : Paris
    •  
    •  
    • Date de création : 04-01-2011
    • Dernière mise à jour : 26-09-2015

    Résumé :

    Français

    Textes et documents philosophiques choisis et présentés par François Dagognet. L’A. cherche ici à mettre en avant les différences méthodologiques existant entre des disciplines telles que la biologie, l’histoire et la sociologie. Il s’agit de faire ressortir de chacun de ces domaines la spécificité méthodologique qui leur est propre ainsi que les limites de leur convergence. Selon l’A., le rapprochement de ces différentes méthodes n’est pas envisageable quant à leur contenu propre, mais peut être entrevu au niveau de “la leçon philosophique de leur obstacles ou de certains de leurs échecs épistémologiques” (Introd., p. 3). - Partie I : Les sciences de la vie ; Partie II : Le travail de l’historien et la réflexion philosophique ; Partie III : Technologie sociologique. M.-M. V.

     

    MONOGRAPHIE

    La Logique du vivant. Une histoire de l'hérédité

    • Pages : 357
    • Collection : Bibliothèque des sciences humaines
    •  
    • Support : Document imprimé
    • Edition : Original
    • Ville : Paris
    •  
    •  
    • Date de création : 04-01-2011
    • Dernière mise à jour : 26-09-2015

    Résumé :

    Français

    La reproduction des êtres vivants est devenue aujourd’hui celle des molécules qui le constituent et la biologique moderne, selon l’A., ouvre par son réductionnisme un nouvel âge du mécanisme qu’il convient d’examiner. Il est question ici de retracer une histoire de l’hérédité et de la reproduction du vivant, c’est-à-dire des transformations qui ont modifié notre manière de considérer la nature des êtres vivants, leur structure et leur permanence au fil des générations. L’histoire de la biologie que l’A. nous propose ne consiste pas en une succession des idées, des théories et de leur genèse : au contraire, l’entreprise de F. Jacob témoigne d’un souci de réorganiser le domaine du possible, de modifier la façon de concevoir la succession des théories en faisant apparaître des relations ou des objets nouveaux. Cette histoire de la biologie est donc aussi une philosophie de la biologie, dans la mesure où la démarche de l’historien épouse celle des théories biologiques de l’intégration. - Chap. I : La structure visible (La génération, le décryptage de la nature, le mécanisme, les espèces, la préformation, l’hérédité) ; Chap. II : L’organisation (La mémoire de l’hérédité, l’architecture cachée, la vie, la chimie du vivant, la plan d’organisation, la cellule) ; Chap. III : Le temps (Les cataclysmes, les transformations, les fossiles, l’évolution) ; Chap. IV : Le gène (L’expérimentation, l’analyse statistique, la naissance de la génétique, le jeu des chromosomes, les enzymes) ; Chap. V : La molécule (Les macromolécules, les microorganismes, le message, la régulation, la copie et l’erreur) ; Conclusion : L’intégron. M.-M. V.

     

    MONOGRAPHIE

    La Connaissance de la vie

    • Année : 1992
    • Éditeur : Vrin
    • Pages : 199
    • Collection : Bibliothèque des Textes Philosophiques
    •  
    • Support : Document imprimé
    • Edition : 2e édition revue et augmentée chez J. Vrin, repreneur du titre (1ère éd., 1965)
    • Ville : Paris
    •  
    • ISBN : 2-7116-1132-9
    •  
    • Date de création : 04-01-2011
    • Dernière mise à jour : 20-10-2015

    Résumé :

    Français

    Première édition à Paris : Hachette, 1952. – Les études réunies dans cet ouvrage sont des conférences ou des articles datant des années 1945-50. Elles constituent une contribution majeure à l’histoire, l’épistémologie et la philosophie des sciences de la vie en interrogeant la particularité de la présence au monde de l’être vivant. «La vie est formation de formes, la connaissance est analyse des matières informées». Les sept études réunies par Canguilhem dans ce volume témoignent de cette inspiration commune : l’idée d’une irréductibilité de la vie à une série d’analyses ou de divisions des formes vitales. La spécificité du vivant engage au contraire une vision de l’objet biologique qui dépasse la compréhension mécaniste des phénomènes physiques. Conçue comme un approfondissement de divers enjeux conceptuels en philosophie et en histoire des sciences, La Connaissance de la vie est devenue une œuvre fondamentale dont l’influence sur l’épistémologie contemporaine reste majeure. Sont abordées les questions de la méthodologie des sciences de la vie, de l’émergence historique de la théorie cellulaire, ainsi que les problèmes philosophiques du vitalisme, des liens entre machine et organisme, des rapports singuliers et capitaux entre l’individu et son milieu, la définition conceptuelle du normal et du pathologique et de la monstruosité. - Introd. : La pensée et le vivant ; I : Méthode (L’expérimentation en biologie animale) ; II : Histoire (La théorie cellulaire) ; III : Philosophie (Aspects du vitalisme ; Machine et organisme ; Le vivant et son milieu ; Le normal et le pathologique ; La monstruosité et le monstrueux) ; Appendices (Note sur le passage de la théorie fibrillaire à la théorie cellulaire ; Note sur les rapports de la théorie cellulaire et de la philosophie de Leibniz ; Extraits du Discours sur l’anatomie du cerveau tenu par Sténon en 1665 à Messieurs de l’Assemblée de chez Monsieur Thévenot à Paris). M.-M. V.

     

    COLLECTIF

    Gilbert Simondon. Une pensée opérative

    • Pages : 332
    • Collection : Matières à penser
    •  
    • Support : Document imprimé
    • Edition : Original
    • Ville : Saint-Étienne
    •  
    • Institution : CRESAL = Centre de recherches et d’études sociologiques appliquées à la Loire
    • ISBN : 2-86272-240-5
    •  
    • Date de création : 04-01-2011
    • Dernière mise à jour : 27-10-2015

    Résumé :

    Français

    Cet ouvrage collectif, qui rassemble les contributions de sociologues, philosophes et économistes, envisage de saisir non seulement la pensée technique de Simondon, mais aussi une dimension plus large de sa philosophie. Les différents articles, dont la plupart est suivie d'un débat entre l'auteur et les autres collaborateurs du collectif, permet ainsi d'aborder des questionnements tels que l'individuel et le collectif (Partie I : Limites de l'individuel et du collectif), l'appropriation de la technicité (Partie II : Travail, appropriation et technicité), le vivant et le politique (Partie III : Le vivant, lieu de l'agir, lieu du politique), la portée du paradigme physique (Partie IV : Le paradigme physique : validité, créativité, exportabilité). M.-M. V.

     

    MONOGRAPHIE

    Le Vivant et l’épistémologie des concepts. Essai sur Le Normal et le pathologique de Georges Canguilhem

    • Pages : 125
    • Collection : Ouverture philosophique
    •  
    • Support : Document imprimé
    • Edition : Original
    • Ville : Paris
    •  
    • ISBN : 978-2-296-05017-4
    •  
    • Date de création : 04-01-2011
    • Dernière mise à jour : 03-11-2015

    Résumé :

    Français

    «C’est par un travail de réflexion et d’élaboration philosophique que l’épistémologie des concepts rend possible la reconsidération du rapport entre la science du vivant et le vivant lui-même» (p. 119). Les concepts se construisent en effet suivant des déterminations spécifiques en fonction des époques, des idéologies humaines et possèdent l’originalité de porter un propos sur le vivant émanant du vivant lui-même. Ce qui n’est pas sans incidence sur les différents champs d’application des sciences du vivant comme la médecine ou la thérapeutique. Cet ouvrage s’intéresse au geste philosophique auquel invite Georges Canguilhem dans Le Normal et le pathologique, qu’il s’agit ici d’aborder selon trois axes de lecture : – I. Histoire des sciences, histoire des hommes (Science présente et science passée; Continuité et discontinuité; Science du vivant et réflexivité; L’épistémologie des concepts); – II. Épistémologie et philosophie (Le normal et les normes; La normativité biologique; Normes d’évaluation des concepts; Le statut de l’individualité; Organisme et organisation; Science et technique); – III. Épistémologie et erreur (Erreur et information; Irréversibilité et création; Déterminisme et indéterminisme; Conséquences et implications du statut de l’erreur dans l’épistémologie de Georges Canguilhem). M.-M. V.

     

    MONOGRAPHIE

    L’Institution de la science et l’expérience du vivant. Méthode et expérience à l’Académie royale des sciences, 1666-1793

    • Pages : 464
    • Collection : Science
    •  
    • Support : Document imprimé
    • Edition : Original
    • Ville : Paris
    •  
    • ISBN : 2-08-210654-3
    • URL : Lien externe
    •  
    • Date de création : 04-01-2011
    • Dernière mise à jour : 25-11-2015

    ARTICLE

    Linné et la dénomination des vivants : portrait du naturaliste en législateur

    • Pages : 37 à 55
    •  
    •  
    •  
    • Date de création : 04-01-2011
    • Dernière mise à jour : 04-01-2011

    Mots-clés :

    Résumé :

     

    ARTICLE

    Les OGM : des objets vivants construits?

    • Pages : 190 à 221
    •  
    •  
    •  
    • Date de création : 04-01-2011
    • Dernière mise à jour : 04-01-2011

    Mots-clés :

    Résumé :

     

    ARTICLE

    Quelle dimension pour le vivant ?

    • Pages : 107 à 114
    •  
    •  
    • URL : Lien externe
    •  
    • Date de création : 04-01-2011
    • Dernière mise à jour : 04-01-2011

    Résumé :

    Français

    Depuis Swift et Voltaire la littérature de fiction nous a habitués à considérer la taille comme une grandeur relative : Gulliver est un géant parmi les nains, un nain parmi les géants. La littérature scientifique a utilisé le même genre de thème à propos des insectes. A l’opposé, différents auteurs, depuis Galilée, jusqu’à d’Arcy Thompson, ont rappelé la loi qui lie longueurs, surfaces et volumes, et exposé les contraintes que cette loi impose aux êtres vivants. Pour le biologiste un seuil donné de complexité n’est possible qu’à partir d’une certaine taille. Il y a là un modèle de relation entre les propriétés du tout et celles des parties, que J.B.S. Haldane, dans un essai intitulé « On being the right size » suggère de transposer dans la pensée politique.

     

    ARTICLE

    “Dans l’oubli de nos métamorphoses” : la mort et la complexité du vivant

    • Pages : 127 à 144
    •  
    •  
    •  
    • Date de création : 04-01-2011
    • Dernière mise à jour : 04-01-2011

    Résumé :

    Français

    L’article propose de poursuivre les réflexions sur le lien entre le phénomène de la mort et la complexité du vivant, développées par Henri Atlan dans le dernier chapitre de Entre le cristal et la fumée : essai sur l'organisation du vivant (Paris : Le Seuil, 1979).

     

    ARTICLE

    La vie existe-t-elle ?

    • Pages : 145 à 158
    •  
    •  
    •  
    • Date de création : 04-01-2011
    • Dernière mise à jour : 04-01-2011

    Résumé :

    Français

    Quel est le statut du vivant en tant qu’objet de science ? Sur ce problème, l’article soulève deux considérations : – 1/ l’épistémologie de la constitution des objets scientifiques; – 2/ la question du réductionnisme et son inverse, à savoir l’émergentisme. – L’autopoïèse (Le concept de base; L’automate de tesselation; Le chemin encore à faire; Un noyau théorique; Un ensemble méthodologique; Une communauté scientifique); – Conclusions : les enjeux.

     

    ARTICLE

    L’intercritique face au vivant, l’oeuvre d’Henri Atlan

    • Pages : 542 à 551
    •  
    •  
    •  
    • Date de création : 04-01-2011
    • Dernière mise à jour : 18-02-2015

    Résumé :

    Français

    Sur les ouvrages de Henri Atlan, Entre le cristal et la fumée (Paris, Seuil, 1979, 287 p.); À tort et à raison (Paris, Seuil, 1986, 443 p.); La fin du génétique ? Vers de nouveaux paradigmes en biologie (Paris, INRA, 1999, 91 p.); La science est-elle inhumaine ? Essai sur la libre nécessité (Paris, Bayard, 2002, 85 p.) – L'A., qui admire le scientifique et philosophe H.A., se propose d'en expliquer les aspects déconcertants en s'attachant au « statut du vivant en tant qu'objet de science » (p. 543). Il cherche à montrer que cette « question qui se pose à l'intérieur même de la science biologique » (p. 551). Il énonce d'abord le rempart au dogmatisme qu'est l'acceptation par H.A. de « plusieurs rationalités », mais se demande si cela n'empêche pas « une critique pourtant salutaire ». Face au « déterminisme scientifique » (p. 544) qui menace « les notions de liberté et de responsabilité morale fondées sur le libre arbitre », H.A. propose d'accepter le déterminisme mais de combattre le réductionnisme fort avec un « réductionnisme faible » (p. 545) établissant « la réalité, inséparablement épistémique et ontologique, de chacun des ”niveaux d'organisation” » (p. 546), de faire la distinction entre systèmes « auto-organisés [... et systèmes ] auto-organisants » (p. 550).

     

    ARTICLE

    Les automates de l’âge classique à la cybernétique

    • Pages : 127 à 146
    •  
    •  
    •  
    • Date de création : 04-01-2011
    • Dernière mise à jour : 22-10-2014

    Résumé :

    Français

    Autour des modèles techniques du vivant, cette étude propose un regard historique et conceptuel sur la notion d’automate : en suivant le destin des distinctions étendue/pensée et naturel/artificiel, elle montre comment vivant et machine sont pris successivement pour modèles l’un de l’autre. – Introduction; – Descartes ou «le système des automates»; – Les automates de Jacques Vaucanson; – Le mécanisme informationnel de la cybernétique.

    Anglais

    Automata, these machines mimicking the spontaneity of life, render problematic the relationship between art and nature. The Cartesian thesis of the animal-machine gives them a status grounded in the identity of art and nature laws. The creations of Vaucanson illustrate the idea of a wholly mechanical representation of the living organism. Cybernetics renews this tradition with a description of automata in terms of information. This authorizes an inversion of the relationship between nature and artefacts, natural automata being used as models for designing artificial automata.

     

    COLLECTIF

    L'Ordre et la diversité du vivant. Quel statut scientifique pour les classifications biologiques ?

    Résumé :

    Français

    Loin d'être tombée en désuétude, la systématique, science de la diversité biologique, se trouve au cœur de ce que certains ont qualifié de progrès le plus saillant en biologie causale depuis Charles Darwin. Les sciences de l'évolution ont connu récemment une grande effervescence liée aux développements technologiques et à une réévaluation de certains concepts fondamentaux. Les différentes méthodes d'analyse du cours de l'évolution biologique ont ainsi largement débattu du statut des classifications et de la légitimité des outils taxinomiques. Par la confrontation entre ces diverses approches et la mise en perspective historique de l'acte classificatoire, cet ouvrage tente de découvrir les enjeux de la controverse vis-à-vis de la théorie de l'évolution. S'y rencontrent notamment le point de vue cladiste contestant les méthodes traditionnelles, celui de l'évolutionnisme défendu par le zoologiste Ernst Mayr, ainsi qu'une analyse épistémologique de la controverse par le philosophe David Hull et une réinterprétation taxinomique de l'Origine des espèces par l'entomologiste Claude Dupuis. Face à l'unicité de l'Histoire, peut-on s'accommoder de plusieurs classifications ? Une synthèse entre les différentes méthodes en compétition est-elle possible ? Ou bien l'une d’elles va-t-elle supplanter les autres ? Peut-on déceler une influence sensible des transformations du langage classificatoire sur le langage quotidien ? Ce livre rassemble les témoignages des différentes approches et les réponses diverses aux questions posées. – En fin d'ouvrage : Compte rendu de la Table ronde tenue à Paris le 17 janvier 1986 (Le statut de l'homologie; Arbre phylogénétique et classification; Phylogénie du vivant et des objets manufacturés), pp. 241-252. M.-M.V.

     

    MONOGRAPHIE

    La Simplexité

    • Pages : 256
    • Collection : Sciences
    •  
    • Support : Document imprimé
    • Edition : Original
    • Ville : Paris
    •  
    • ISBN : 978-2-7381-2169-1
    •  
    • Date de création : 10-10-2011
    • Dernière mise à jour : 08-05-2021

    Résumé :

    Français

    Ce livre part d'un double constat concernant notre modernité : d'une part la complexification toujours plus croissante de toutes les dimensions du monde dans lequel nous vivons (économique, politique, scientifique, sociale, etc.), d'autre part la dissimulation de sa réelle complexité par la mise en œuvre de méthodes de simplification, qui en facilitent la maîtrise. Ce double constat nous donne d'emblée les termes du problème central posé dans l'ouvrage : comment affronter la complexité de notre environnement social, matériel et même virtuel sans risquer de s'y perdre, mais sans pour autant avoir systématiquement recours aux méthodes de simplification, qui, bien qu'elles permettent de la maîtriser, en dissimulent fatalement la réalité ? « Le refus de se perdre dans la complexité est une attitude, une posture intellectuelle qui ouvre à un réexamen... » (p. 26). Pour l'auteur, une solution à ce problème n'implique pas, contrairement à ce que l'on pourrait croire, la constitution d'une théorie de la complexité, mais celle d'une théorie de la simplexité, dont le modèle provient de l'évolution des organismes vivants. « L'originalité du vivant est précisément d'avoir trouvé des solutions qui résolvent le problème de la complexité par des mécanismes qui ne sont pas simples, mais simplexes. » (p. 12) Le concept de simplexité, dont l'auteur propose une analyse approfondie tout au long de l'ouvrage, se distingue de la simplicité, mais ne s'oppose pas à la complexité, puisqu'il permet d'en penser l'intégration dans un détour élégant, rapide et efficace : la solution simplexe. En ce sens, une solution simplexe résout toujours un problème complexe de façon active et dynamique. « La simplexité exige beaucoup. Elle demande innovation, invention, détour fécond, sélection, prise en compte du passé ou encore anticipation des conséquences de l'action future. » (p. 214) Dans un premier grand moment, après avoir présenté les propriétés du vivant qui fournissent des modèles d'instruments de simplexité, l'auteur expose les six principes provisoires d'une théorie de la simplexité, avant de donner des exemples de processus simplexes impliqués dans la perception et l'action : à savoir le regard et l'attention (Partie I : «N'oublie pas d'oser»). Dans un deuxième moment, après avoir exposé les principes simplificateurs impliqués dans l'organisation de la motricité, l'auteur analyse deux grands types de mouvements simplexes : le geste et la marche (Partie II : «Marcher sur la Lune»). Il peut dès lors mettre au jour la centralité du rôle de l'espace dans le phénomène de la simplexité : en montrant d'abord « comment la spatialisation des fonctions de la perception et de l'action, de la mémoire et de la décision diminue la complexité » (p. 157) pour engendrer de la simplexité ; ensuite en revenant sur les fondements de la géométrie, de sorte à pouvoir soutenir la thèse d'un fondement spatial de la pensée rationnelle (Partie III : «Les espaces de la pensée»). – Ce livre, conjuguant spéculations philosophiques, hypothèses théoriques et preuves scientifiques, nous donne ainsi des outils intellectuels devant nous permettre de mieux comprendre et maîtriser la complexité qui nous entoure.

    F. F.

     

    ARTICLE

    Spencer et les origines de la vie. La double induction comme méthode

    • Pages : 81 à 95
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    • Support : Document imprimé
    • Edition : Original
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    • Date de création : 28-10-2011
    • Dernière mise à jour : 02-03-2015

    Résumé :

    Français

    L'auteur analyse la position de Spencer face au problème des origines de la vie dans les éditions successives des Principes de biologie et les textes qui lui sont adjoints progressivement. Il montre comment l'avènement de la théorie de l'évolution dans la seconde moitié du XIXe siècle implique une reformulation du problème en question qui favorise le développement de l'abiogenèse évolutive, contre la théorie des générations spontanées. F. F.

     

    MONOGRAPHIE

    La Connaissance de la vie

    • Pages : 223
    •  
    • Support : Document imprimé
    • Edition : Original
    • Ville : Paris
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    • URL : Lien externe
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    • Date de création : 16-12-2011
    • Dernière mise à jour : 19-12-2011

    Résumé :

     

    MONOGRAPHIE

    Autonomie et connaissance

    • Année : 1989
    • Éditeur : Seuil
    • Pages : 254
    • Collection : La Couleur des idées
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    • Support : Document imprimé
    • Edition : Traduction de l'américain
    • Ville : Paris
    •  
    • ISBN : 2-02-010030-4
    •  
    • Date de création : 14-01-2012
    • Dernière mise à jour : 22-04-2015

    Résumé :

    Français

    Quels sont les mécanismes du vivant, aux niveaux de la cellule, de l'organisme, des écosystèmes ? En quoi le paradigme de l'autonomie renouvelle-t-il notre façon de concevoir les activités cognitives des êtres vivants ? L'Auteur prend acte du fait que l'autopoièse, modèle d'analyse des systèmes vivants qu'il a mis au point avec son collègue Humberto Maturana, entre en conflit avec le modèle standard. L'ouvrage identifie deux points de vue duaux, nommés respectivement l'autonomie et la commande, et qui sont rattachés à des traditions représentées respectivement par Norbert Wiener et par John von Neumann. Le modèle de la commande est, selon Varela, un point de vue extérieur sur des systèmes traités comme des boîtes noires, et interagissant avec leur milieu ambiant sur le modèle d'entrées-sorties. L'autonomie, quant à elle, ne présuppose pas un point de vue global unique, non plus qu'une définition pré-établie. Le système établit et maintient par lui-même les moyens de sa propre définition. Il interagit avec le milieu ambiant en subissant des perturbations qui le forcent à évoluer. Varela montre qu'à l'intérieur des systèmes vivants (de la cellule à l'individu), on peut identifier des sous-systèmes complexes auxquels le modèle s'applique tout aussi bien. L'analyse est illustrée par deux exemples : le système nerveux et le système immunitaire. – Annexe : Comportement propre : autoréférence et coopérativité; Bibliographie; Index.

     

    MONOGRAPHIE

    La Philosophie expérimentale de Diderot et la chimie

    Philosophie, sciences et arts

    Résumé :

    Français

    [Texte remanié de : Thèse de doctorat, sous la direction de Francine Markovits : Philosophie : 1 vol. : Université Paris Ouest Nanterre La Défense : 2007 : 640 p.]. – La chimie a captivé l'attention des philosophes du XVIIIe siècle. Branche de la philosophie naturelle mêlant science et art, cette discipline hybride occupe une place centrale dans la culture du siècle des Lumières. À l'idéal d'abstraction et de mathématisation caractéristique du physicien, le chimiste oppose l'idéal de la connaissance expérimentale laborieusement construite en laboratoire. L'objectif de cet ouvrage est de comprendre en quoi la chimie a pu constituer un modèle de pratique expérimentale de la philosophie pour la construction diderotienne d'une interprétation globale de la nature, telle qu'elle est par exemple mise en oeuvre dans les Pensées sur l'interprétation de la nature (1753). Dans un premier temps, l'auteur situe la démarche diderotienne dans la tradition baconienne, où l'interprétation de la nature a pour préalables méthodologiques une connaissance de l'histoire des pratiques savantes et une critique des savoirs hérités (Première partie : « Interprétation de la nature et philosophie expérimentale »). Dans un second temps, il s'agit d'étudier l'émergence du point de vue chimique et son rôle dans la constitution d'une philosophie expérimentale éclairée : « L'enjeu central, philosophique et chimique, est la construction d'une logique expérimentale spécifique à la pratique de terrain du chimiste. » (Seconde partie : « La chimie : un point de vue pour la philosophie expérimentale »). Enfin, l'auteur examine l'investissement du point de vue chimique dans des problèmes scientifiques et philosophiques (la nécessité, le statut du matérialisme, l'énigme du vivant) qui débordent la chimie (Troisième partie : « Application du point de vue chimique »). – Bibliographie, pp. 743-761 ; Index des noms, pp. 763-767 ; Table des matières, pp. 769-774.

    F. F.

     

    ARTICLE

    Matière, matérialisme et statut du vivant

    Entretien avec deux chimistes

    • Pages : 141 à 178
    •  
    • Support : Document électronique
    • Edition : Originale
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    •  
    • Date de création : 08-10-2012
    • Dernière mise à jour : 02-03-2015

    Résumé :

    Français

    Cet article-entretien expose les points de vue de deux chercheurs physico-chimistes, l’un spécialiste des matériaux, l’autre de chimie prébiotique (émergence du vivant), interrogés par un philosophe sur leurs représentations actuelles de la matière et du matérialisme. Les notions d’élément chimique, de composé moléculaire, de matière, etc., y sont abordés par le biais des approches duales : micro vs macroscopique, comportements individuels vs collectifs, réductionnisme vs empirisme, et inanimé vs vivant. Après une brève présentation des intervenants, l’entretien aborde quatre thèmes principaux : 1) qu’est-ce que la matière pour un chimiste contemporain ; 2) quelles relations le chimiste entretient-il avec la philosophie, notamment matérialiste ; 3) comment le chimiste envisage-t-il le vivant ; et 4) la chimie et les questions d’origines (du vivant, de la terre). Les réponses proposées suggèrent que, malgré plusieurs évolutions conceptuelles fondamentales aux XIXe et XXe siècles (atomisme, mécanique quantique, biochimie, etc.), la chimie reste une science autonome (avec sa propre épistémologie, voire sa propre ontologie), et que le chimiste du XXIe siècle ressemble encore beaucoup à ceux des siècles précédents. s. n.

    Anglais

    In this interview, two physical chemists, one involved in the field of materials, the other in prebiotic chemistry (origins of life), answer a philosopher’s questions about their thoughts regarding Matter and materialism. Concepts such as chemical element, molecular compound, matter…, are addressed through dual approaches : micro vs macroscopic, individual vs collective behaviour, reductionism vs empirism, and inanimate vs living. Following a brief introduction related to the authors’ curriculum, the paper is divided in four main topics : 1) what does Matter mean for a contemporary chemist ; 2) what kind of relationships occur between the chemists and philosophy, e.g. materialism ; 3) How do chemists consider the specificity of life ; and 4) What about the link between chemistry and origins (of earth and of life). Answers suggest that, in spite of fundamental concepts developped from the XIXth-XXth centuries (atomism, quantum mechanics, biochemistry…), the chemist’s minds did not deeply change in respect of Matter. In summary, chemistry remains an independent science (holding its own epistemology and ontology) and XXIth century’s chemists keep thinking about Matter like their fellows from past centuries. s. n.

     

    MONOGRAPHIE

    Claude Bernard. La révolution physiologique

    • Pages : 128
    • Collection : Philosophies
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    • Support : Document imprimé
    • Edition : Originale
    • Ville : Paris
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    • ISBN : 2-13-042909-2
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    • Date de création : 29-04-2013
    • Dernière mise à jour : 01-06-2021

    Résumé :

    Français

    L'Introduction à l'étude de la médecine expérimentale (1865) est une oeuvre capitale dans l'histoire de la science car elle a contribué à faire entrer la physiologie dans le champ des sciences constituées. À partir de Claude Bernard (1813-1878), la physiologie dispose en effet de concepts et de méthodes de recherche qui lui sont propres. L'ouvrage d'Alain Prochiantz consacré à l'oeuvre de cet immense savant est divisé en trois parties : la première est essentiellement consacrée au concept de milieu intérieur, grâce auquel le physiologiste français a peu à peu réussi à libérer sa discipline scientifique d'un physicalisme réductionniste et d'une anatomie vitaliste. La seconde porte sur la spécificité de l'expérimentation en biologie et des outils à la fois conceptuels et méthodologiques mis en oeuvre par la physiologie dans l'étude du vivant. Dans une dernière partie l'auteur examine les questions liées aux phénomènes de la création organique : création des molécules organiques d'une part et morphogenèse des organes d'autre part. – I. Le milieu intérieur ; II. Claude Bernard dans son temps ; III. La vie ; Conclusion – L'orbe de la révolution physiologique ; Bibliographie, p. 125.

    F. F.

     

    MONOGRAPHIE

    Vie, matière et observation

    • Pages : 251
    • Collection : Sciences d'aujourd'hui
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    • Support : Document imprimé
    • Edition : Originale
    • Ville : Paris
    •  
    • ISBN : Pas d'ISSN
    •  
    • Date de création : 03-05-2013
    • Dernière mise à jour : 01-06-2021

    Résumé :

    Français

    Léon Brillouin (1889-1969) est un physicien et mathématicien qui s'est fait remarquer par des travaux importants en physique des solides et en mécanique ondulatoire. Auteur d'une thèse sur La Théorie des solides et des quanta (1920), successeur de Marcel Brillouin à la Chaire de Physique théorique au Collège de France (1932), l'auteur du présent ouvrage examine dans la lignée de Claude Shannon et Norbert Wiener l'une des idées les plus importantes suggérées par la cybernétique : l'analogie entre information (lorsqu'elle se perd au cours de la transmission d'un message) et entropie (i.e. l'augmentation du désordre dans un système fermé) dans l'étude des êtres vivants, induisant l'hypothèse d'un principe de Carnot généralisé. Les phénomènes vitaux étant par nature irréversibles, un des problèmes posés dans cet ouvrage est donc de savoir si la thermodynamique peut s'appliquer à l'étude des êtres vivant. L'hypothèse de Brillouin est la suivante : si les organismes vivants peuvent garder une entropie basse et poursuivre leur existence, c'est parce qu'il y aurait une source d'information qui ordonnerait la matière vivante. Les divers chapitres formant cet ouvrage traitent ainsi des rapports entre thermodynamique et information, mais aussi esprit et machine, vie, pensée et physico-chimie. – Chapitre I : Vie, thermodynamique et cybernétique ; chap. II : Le cerveau et la machine ; chap. III :  Thermodynamique et information  ; chap. IV :  La science de l'information : définition et mesure  ; chap. V :  La théorie de l'information et les bases des sciences physiques ; chap. VI :  Poincaré, l'énergétique et le déterminisme ; chap. VII :  Planck et la distinction entre le monde extérieur et sa représentation physique. – Table des matières, pp. 243-245.

    F. F.

     

    MONOGRAPHIE

    Georges Canguilhem

    Philosophe de la vie

    • Pages : 201
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    • Support : Document imprimé
    • Edition : Originale
    • Ville : Paris
    •  
    • Institution : Institut Synthélabo pour le progrès de la connaissance
    • ISBN : 2-908602-92-X
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    • Date de création : 16-05-2013
    • Dernière mise à jour : 01-06-2021

    Résumé :

    Français

    Cet ouvrage vise à présenter l'ensemble de la philosophie de Georges Canguilhem (1904-1995). Dans un premier temps il en analyse le coeur : l'Essai sur quelques problèmes concernant le normal et le pathologique (1943) (chapitre I : « Maladie et Santé »). Dans un second temps il s'attache à mettre au jour le fil directeur des études rassemblées dans La Connaissance de la vie (1952) (chapitre 2 : « Un bouquet épistémologique »). Ensuite il porte sur la conception canguilhemienne de la philosophie : « métasavoir » selon le terme de l'auteur du présent ouvrage, c'est-à-dire effort pour savoir pourquoi et comment nous savons ce que nous savons (chapitre III : « L'objection principale. Exposé et réponse »). Dès lors, il identifie une rupture épistémologique dans l'épistémologie de Canguilhem à travers la lecture des Études d'histoire et de philosophie des sciences concernant les vivants et la vie (1968) et Idéologie et rationalité dans l'histoire des sciences de la vie (1977) ; rupture induite par l'apparition de nouvelles approches du vivant au début de la seconde moitié du XXe siècle (génétique, immunologie, biologie macromoléculaire, etc.). Dès lors F. Dagognet analyse les propositions de Canguilhem relatives à l'épistémologie générale et à la philosophie de la science moderne : celles liées aux notions de méthode, d'idéologie et d'histoire des sciences (chapitre IV : « Une science de la vie est-elle possible ? »). Enfin, l'ouvrage s'achève sur le combat mené par Canguilhem tout au long de son oeuvre face aux obstacles auxquels l'a confronté sa réflexion sur le concept central de sa philosophie : celui de normativité.

    F. F.

     

    MONOGRAPHIE

    La Connaissance de la vie aujourd'hui

    Résumé :

    Français

    De l'aveu même de Jean Gayon, ce « livre est de nature kaléidoscopique » (p. 2). Plutôt qu'un livre à thèse, cet ouvrage propose de découvrir la pensée de ce dernier, épistémologue français spécialisé en sciences du vivant, à travers un long entretien guidé par Victor Petit, enseignant vacataire à l'Université de technologie de Compiègne. Dans un discours qui brille par sa clarté, Jean Gayon accepte de revenir sur sa carrière académique, de sa découverte de la philosophie à la rédaction précipitée de sa thèse (pp. 34-35), de ses premiers enseignements à la poursuite de ses études en biologie, mais aussi sur la maladie qu'il dut affronter à la fin de sa vie – un cancer généralisé (pp. 472-481) – qu'il commente avec une courageuse lucidité, sans oublier enfin les personnalités intellectuelles phares du XXe siècle dans le domaine des sciences naturelles et des sciences humaines qu'il aura eu la chance de rencontrer, comme Georges Canguilhem ou encore François Dagognet, pour ne citer qu'eux. En outre, au-delà d'un seul récit autobiographique, cet épais travail (531 p.) permet au lecteur non-initié de se familiariser à la fois avec l’œuvre de ce philosophe, tout en parfaisant ses connaissances sur les grandes étapes de la pensée du vivant. Car en plus de synthétiser l'état de sa recherche, de telle sorte qu'il propose de lire ce livre « comme une préface à l'ensemble de [ses] travaux » (p. 3), la tenue de ce long entretien permet à J. Gayon d'enseigner avec pédagogie – cela est dû au caractère oral de ce livre – les grands noms qui ont amélioré la connaissance que nous avons aujourd’hui de la vie. Après un avant-propos succinct de J. Gayon et une introduction rédigée par Victor Petit, l'ouvrage débute par un chapitre entièrement biographique, puisqu'il expose les études et le parcours professionnel de J. Gayon (pp. 17-80). C'est un réel plaisir de découvrir la vie que fut la sienne, où la réflexion philosophique et les rencontres intellectuelles auront été centrales, et de profiter du regard rétrospectif que l'auteur pose sur certains moments clés de sa vie. Le chapitre 2 cherche à produire une « histoire et [une] philosophie des sciences » (pp. 81-113). Citant Auguste Comte, J. Gayon rappelle que la philosophie a pour projet, à l'ère positiviste, de rassembler l'ensemble des discours portant sur les sciences afin de faire apparaître des « modèles de pensée » et d'en retracer la genèse (p. 89). Il n'est pas souhaitable, contrairement à ce que défendait le projet phénoménologique et la philosophie analytique, de séparer l'horizon scientifique de l'horizon philosophique, dans la mesure où les fondements sur lesquels se sont bâties les sciences empiriques n'avaient pas été discutés. Les résultats obtenus par les sciences empiriques relèvent effectivement du champ philosophique, dans la mesure où ils permettent à la philosophie de se repositionner sur le plan de l'existence. Si, au départ, la philosophie doit s'occuper de questions métaphysiques, là où sa rigueur conceptuelle lui permet de travailler efficacement, le philosophe ne doit cependant pas ignorer les avancées que la science peut apporter à ses schémas théoriques (p. 101). Des questions comme celles concernant la nature de l'espace, du temps, de la conscience, de la liberté, etc., sont autant de questions qui furent préalablement traitées dans le champ de la métaphysique en philosophie, mais que la science, dans ses différents domaines d'étude, a ensuite repris pour y apporter une validation ou une contradiction empirique. C'est à partir de ces échanges à la croisée de la philosophie et des sciences que notre connaissance sur ces questions s'est aujourd'hui améliorée. Le travail interdisciplinaire (d'où le nom de la collection dans laquelle ce livre est édité) est de nos jours indispensable étant donné que chaque science, en tant qu'elle s'est spécialisée dans un domaine d'investigation qui lui est propre, dispose d'un regard unique pour étudier un phénomène. Chaque science est en mesure d'apporter des éléments empiriques réductibles à son programme de recherche, et c'est précisément le travail de la philosophie des sciences que celui de reprendre ces données pour ensuite élaborer un système de connaissances cohérent autour de tels ou tels phénomènes. Dans le chapitre suivant, J. Gayon précise ce qu'est « la philosophie de la biologie » (pp. 115-178). Il explique d'emblée qu'il n'y a pas de lois en biologie, telles que le courant néopositiviste les a définies, à savoir « des énoncés de forme logique universelle et empiriquement vrais » (p. 117). L'interviewé attire notre attention sur le fait que, si l'on suivait à la lettre cette définition, nous devrions fixer au rang de lois toutes ces situations accidentelles qui sont présentes à l'observation, comme par exemple le fait de dire que « toutes les fleurs de mon jardin sont des pissenlits ». C'est pourquoi il faut ajouter, explique-t-il, que l'énoncé de la loi n'est sujet à aucune limitation spatio-temporelle. Ainsi, pour remédier à ce défaut de langue, lequel nous impose un concept inopérant, il propose de parler en terme de « modèles » plutôt que de « lois », et poursuit en affirmant que les études fournies par la biologie ne sauraient être parfaitement comprises sans les intégrer à un contexte socio-culturel réductible à l'époque où elles furent établies. « La biologie est une science massivement historique, au sens où les généralisations qu'elle dégage se révèlent quasiment toutes dépendre d'un cheminement évolutif singulier » (p. 126). La conversation se poursuit sur le vivant et la définition qu'il convient de lui accorder. Sur ce point, J. Gayon avertit aussitôt son lecteur qu'il évite d'utiliser le concept de « vivant », un concept qui a le tort d'être trop ambigu dans sa signification. D'une manière générale, parler de vivant conduit à penser les interactions entretenues entre celui-ci et son environnement. Aussi, plutôt que de vivant, il s'agirait davantage de parler de biocénose, concept qui exprime l'ensemble des interactions que la diversité des êtres vivants partagent en un même espace écologique (le biotope). A eux deux, biocénose et biotope forment un écosystème, c'est-à-dire l'équilibre dynamique d'un milieu habité. J. Gayon prolonge sa réflexion en insistant sur la difficulté conceptuelle qu'il y a à parler de « vivant » ou de « vie », remettant en cause l'efficacité opératoire d'une définition de la vie de nos jours. Sachant que la biologie est née au XIXe siècle et que la philosophie n'a pas attendu cette date pour réfléchir sur la vie et les définitions qu'il convenait de lui accorder, il n'existe pas aujourd'hui de représentation unifiée de ce que l'on appelle le « vivant ». Canguilhem avait déjà réalisé ce travail généalogique en dégageant trois concepts fondamentaux pour la pensée de la vie telle que la philosophie l'avait théorisée (p. 130) : Aristote en donna une vision animiste, où le fait d'être animé renvoyait à la notion métaphysique d' « âme » ; Descartes développa un discours mécaniste qui réduisit la connaissance du vivant à la connaissance des machines ; enfin, Kant, bien qu'il n'employa pas ce concept, fut le premier à parler d'organisme pour qualifier le « corps vivant » (p. 131). Dès lors, de quoi parle-t-on lorsque nous parlons de « vivant », d' « être vivant », ou encore de « vie » ? A quelle échelle se situe-t-on ? Quelle amplitude doit-on accorder à ces notions ? Avec l'essor des sciences contemporaines, notamment de la génétique, et les découvertes d'organismes microscopiques, la définition du vivant s'en est trouvée encore un peu plus brouillée. Le chapitre 4 est entièrement consacré à l'exposition de la pensée darwinienne, de ses influences (Aristote, Newton, Linné, Lamarck, Malthus, Smith, Wallace) et de ses résonances (Spencer, Nietzsche, Bergson, Lewontin, Wilson, Dawkins). Il est habituel, note Jean Gayon, d'associer la théorie de l'évolution au darwinisme. Or Darwin ne parla que de variation et de sélection naturelle (p. 181). C'est uniquement dans la dernière édition de L'Origine des espèces que Darwin adopta la formule de « théorie de l'évolution », et c'est d'ailleurs cette formulation qui est aujourd'hui acceptée par la communauté scientifique. Après avoir passé en revue l'émergence des trois types de sélection élaborées par Darwin (sélection naturelle, sélection sexuelle et sélection artificielle), qui sont chacune des facteurs de l'évolution des organismes vivants, Jean Gayon ouvre sur la synthèse moderne qui a été faite du darwinisme. C'est avec le développement de la génétique des populations que la synthèse des discours post-darwiniens a pu s'opérer. Cette discipline nouvelle, datant du XXe siècle, a permis de reconnaître le rôle d'autres facteurs évolutifs dans l'évolution des organismes et des populations que la seule sélection naturelle étudiée par Darwin, tels que l'usage ou le non-usage de certains organes, la mutation, la migration, certaines dérives génétiques aléatoires, etc. Reprenant ces facteurs évolutifs sous un angle mathématique, la génétique des populations cherche à observer les changements de fréquences génétiques au sein de populations données (pp. 274-275). Le chapitre suivant porte sur la génétique, et tente d'en retracer l'histoire ainsi que les difficultés philosophiques auxquelles elle fut confrontée (pp. 299-373). Ainsi J. Gayon commence-t-il en clarifiant l'émergence de la notion d'hérédité dans le discours biologique. D'abord naturalisée et utilisée par le corps médical dès le XVIe siècle afin d'expliquer l'existence ou la non-existence de « maladies héréditaires » (p. 301), elle a ensuite été élargie après la Révolution française au domaine du droit pour parler d' « hérédité de la couronne de France », d' « hérédité des privilèges » (p. 302). Ce n'est qu'au XIXe siècle que le concept d'hérédité, comme explication biologique du vivant, sera fixé, étant entendu que la compréhension de l'hérédité comme transmission de caractères génétiques à l'échelle de populations et non à l'échelle d'individus isolés, fut tributaire des avancées que la génétique accomplit précisément à cette époque (Ibid.). Notre compréhension du vivant s'en trouva bouleversée. Enfin, concluant ce long entretien, le chapitre 6 met en perspective « biologie et société » (pp. 375-481). La conversation débute sur l'opposition que la langue anglaise effectue entre nature et nurture. Celle-ci renvoie à l'opposition classique en français qui confronte inné et acquis, hérédité et environnement. La notion de nurture, venant du vieux français « nourriture », est assimilable au concept d'acquis et d'environnement, dans la mesure où elle désigne « toutes les influences qui, au cours de la vie d'un individu, le modifient » (p. 385). Parler de nurture revient à prendre en note l'ensemble des déterminants environnementaux que l'individu expérimente après sa naissance. En revanche, le concept de nature désigne « tout ce qui est '' inné '', et plus spécifiquement héréditaire » chez un individu, ce qui, en somme, advient avec sa conception (Ibid.). Il peut alors être renvoyé aux concepts d'inné – qui pêche par manque de précision conceptuelle, selon Jean Gayon – et d'hérédité. On le voit, cette opposition classique chez l'être vivant entre inné et acquis, entre hérédité et environnement, entre ce qui est antérieur à sa conception, c'est-à-dire son histoire phylogénétique, sa nature, et ce qui arrive après sa naissance, sa nurture, est artificielle et ne représente pas la réalité qu'est son existence. Au contraire, l'individu est tout entier concerné par ces deux catégories, et si J. Gayon ne dit pas qu'il faut les dépasser, du moins explique-t-il qu'il faut réussir à dialoguer « entre » elles, à la lisière du constitué et du constituant pour parler comme Merleau-Ponty. Cette perspective dialectique du mode d'existence de l'être vivant permet de comprendre que c'est au niveau des interactions qu'il entretient avec son environnement que se situe la réalité de son existence. Cette lecture interactionniste du vivant s'applique également à l'échelle génétique, de sorte qu'il est faux de croire que le gène se trouve être isolé du monde extérieur, hermétique aux influences de son environnement. Les variations génétiques résultent elles aussi des rapports dynamiques passés entre l'individu et son environnement. Achevant cette discussion autour des liens qui réunissent biologie et société, J. Gayon traite la question de l'eugénisme, de sa genèse à sa réactualisation contemporaine lors de situations limites comme la fécondation in vitro, la procréation médicalement assistée ou encore l'avortement (p. 404). Il s'appuie sur le philosophe Philip Kitcher lorsqu'il explique que l'humanité ne peut plus faire autrement qu'intégrer l'eugénisme aux enjeux sociétaux actuels, dans la mesure où notre connaissance du génome s'est accrue de telle façon que nous sommes devenus capables aujourd'hui de modifier chez des populations futures certains caractères génétiques (p. 412). Dans cette circonstance, l'eugénisme n'est plus une possibilité éthique mais un horizon indépassable dont il faut assumer les enjeux pratiques.

    G. H.

     

    MONOGRAPHIE

    La nature du social

    L'apport ignoré des sciences cognitives

    • Pages : 374
    • Collection : Hors collection
    •  
    • Edition : Originale
    • Ville : Paris
    •  
    • ISBN : 978-2-13-081029-2
    • URL : Lien externe
    •  
    • Date de création : 06-01-2021

    Résumé :

    Français

    Qu'est-ce qui fait d'homo sapiens un être à part au sein du règne vivant ? Comment penser l'homme au milieu des autres vivants sans risquer l'anthropocentrisme ni le zoocentrisme ? Il est fréquemment affirmé, à ce titre, que l'animal, le végétal, le minéral et toutes les autres formes de vie bactériennes, seraient concernées par les sciences naturelles, quand l'homme seul serait concerné par les sciences humaines et sociales, auxquelles, par ailleurs, il a donné son nom. Toutefois, peut-on réellement ignorer les ancrages biologiques de l'homme lorsqu'on parle de phénomènes culturels ? Est-il permis d'isoler l'homme du reste du vivant, au prétexte qu'il aurait atteint une strate culturelle telle, un niveau symbolique tel, que plus rien de son origine biologique ne subsisterait dans ses comportements sociaux ? L'homme, en somme, est-il un être éminemment culturel que l'on ne pourrait comprendre qu'à l'aide exclusive des sciences sociales, ou bien reste-t-il, comme l'ensemble du règne vivant, un être essentiellement naturel, si bien qu'il nous faudrait le secours des sciences naturelles pour traduire les motivations à la source de ses actions ?

    Voici la problématique ardue de cet ouvrage à laquelle l'auteur, Laurent Cordonier, entend s'attaquer. Problématique d'autant plus ardue que faire dialoguer les sciences naturelles et les sciences sociales a toujours été un pari difficilement tenu. On ne compte plus les dérives idéologiques dans lesquelles les scientifiques ont pu être pris lorsque la biologie et la sociologie ont tenté d'être rapprochées, et c'est d'ailleurs l'objet du premier chapitre de cet ouvrage, intitulé « comment articuler les sciences naturelles et sociales ? » (pp. 21-45). Vouloir expliquer le social par le biologique fait courir le risque de réduire la réalité sociale à quelque chose de figé et, en cela, prétendre qu'une « loi de la nature » est à l’œuvre dans le monde social humain rappelle les dérives que le darwinisme social, l'eugénisme, voire la sociobiologie plus récemment, ont fait peser sur le XIXe et XXe siècles. De même, laisser entendre que certains traits comportementaux trouveraient leur origine dans l'expression génétique, telle que le prédit la sociobiologie, fait craindre de justifier par la biologie des inégalités pourtant intrinsèquement culturelles, et donc critiquables en tant que telles.

    Dans cet ouvrage tiré de sa thèse (Remerciements, p. 325), l'auteur précise ces difficultés en annonçant trois formes de naturalisme. Vient tout d'abord le « naturalisme réductionniste », incarné par la sociobiologie et qui réduit par deux fois, ontologiquement et épistémologiquement, les comportements sociaux et culturels. La culture ne serait rien d'autre qu'un « produit naturel », et elle serait alors réduite à des lois naturelles sur lesquelles les individus n'auraient aucun pouvoir (p. 23). Les trois concepts majeurs de la sociobiologie étant l' « égoïsme », l' « altruisme » et la « sélection de parentèle », les tenants de cette discipline pourront alors expliquer certains comportements, comme le harcèlement sexuel ou encore l'inceste, par la sélection génétique (p. 26 ; p. 28). Il s'agit, en d'autres termes, de réduire le champ de la sociologie à la biologie. Or, certes la biologie joue un rôle dans les associations entre individus au sein du monde social, mais elle n'est pas déterminante comme le prétendent les sociobiologistes (p. 30). Ce qui fait défaut au modèle sociobiologique dans les deux exemples cités au-dessus, c'est que « les configurations sociales de ces phénomènes » ne sont pas prises en compte. Dire que l'inceste ou le harcèlement sexuel est un phénomène naturel, explicable par des motifs biologiques, conduit à nier le fait pourtant observable que toutes les cultures ne réagissent pas identiquement à ces comportements selon les époques, selon les classes sociales, selon les sexes, etc (p. 29). Il est évident que la dimension sociale et ses polarités multiples jouent un rôle actif dans l'expression des comportements sociaux des individus.

    Le deuxième naturalisme que relève Laurent Cordonier est un « naturalisme analogique ». Dans ce cas, « il s'agit d'expliquer l'évolution culturelle d'une manière parfaitement analogue à celle qui est utilisée en biologie pour rendre compte de l'évolution naturelle du vivant » (p. 33). Le modèle de ce courant est la mémétique, largement impulsée par Richard Dawkins et son ouvrage Le Gène égoïste (Paris, Odile Jacob, coll. « Sciences », 2003). Sur le modèle de l’analogie, on parlera de mèmes, analogues aux gènes, pour qualifier ces unités à la base des cultures, lesquelles, comme les gènes, sont amenées à se reproduire à l'intérieur de la société dans laquelle ils s'expriment. Le mème peut être une croyance religieuse, un habitus de classe, une certaine façon de parler, une mode vestimentaire, etc., mais ce qui est commun aux mèmes est la capacité avec laquelle ils se répandent et se développent (p. 34).

    L'étude de la culture va alors être analogue à l'étude de la nature, mais cela ne signifie pas que l'évolution culturelle est identique à l'évolution naturelle. Les méméticiens pensent l'autonomie du champ culturel, et ne souhaitent pas, contrairement aux sociobiologistes, le réduire champ de la nature. Si tout deux peuvent être expliqué par analogie, c'est parce qu'ils suivent une même démarche de sélection, les gènes comme les mèmes étant engagés tous deux dans un processus de reproduction, mais le gène n'est pas un même, son horizon évolutif est différent du premier. En effet, comme le rappelle l'auteur, « un mème peut entraîner un désavantage évolutif », comme c'est le cas avec le célibat des prêtres, la castration chez les eunuques, ou encore l'usage de stupéfiants dans certains milieux sociaux. Contrairement au gène qui semble assurer la survie de l'organisme tout entier, le même paraît ne fonctionner que pour lui-même, au risque de mettre en péril la survie de l'organisme auquel il est rattaché. C'est ce qui donnera l'idée à R. Dawkins de la métaphore du « porteur de gène », pour qualifier l'organisme biologique : les vivants, dans cette optique, ne seraient que des véhicules à la solde des gènes dont ces derniers useraient à leur profit afin d'assurer leur reproduction.

    Enfin, la troisième forme de naturalisme, que l'auteur appelle de ses vœux, est celle d'un « naturalisme social intégratif». Comme on l'a vu, les deux formes de naturalismes précédemment exposées ne correspondent pas à la réalité de la vie sociale. Le déterminisme biologique dans un cas, et l'autonomie radicale du phénomène culturel dans un autre, ne représentent pas la totalité du spectre des comportements sociaux. Pourtant, renoncer complètement à ces deux modèles de pensée pourrait nous priver de résultats significatifs dans l'étude du social. C'est tout l'enjeu de ce nouveau naturalisme qui vise à intégrer les sciences naturelles aux sciences sociales, dans le but de dépasser le clivage persistant entre ces deux champs d'étude (p. 45). Toutefois, la différence importante avec le modèle réductionniste est qu'ici les sciences naturelles ne viennent pas écraser le champ des sciences sociales, c'est l'inverse. Ce sont les données biologiques qui seront examinées à l'appui des théories sociologiques, afin de mieux préciser les modèles sociaux sans craindre de naturaliser à coup de marteau un social contingent.

    Dès lors, comment procède ce naturalisme social intégratif? Cela revient à se poser une question : qu'est-ce qui, dans notre héritage évolutif, rend possible l'émergence et la constitution du langage, de la culture et de toutes les institutions sociales humaines (p. 90) ? L'auteur pose l'existence d'intuitions propres à chaque espèce, de « modules cognitifs » qui seraient originels à l'être vivant, lesquels rendraient possible une adaptation et une lecture immédiate de l'environnement. Il appelle ces intuitions « théories naïves » (p. 106) en ce qu'elles ne résultent d'aucune réflexion élaborée, mais de pré-connaissances élémentaires. Cependant, dire que ces jugements innés sur le monde sont là dès la naissance de l’individu ne signifie pas qu'ils sont opérationnels tout de suite. Contrairement à ce que postulerait une sociobiologie pour trop déterminante, l'individu ne cesse pas d'être ouvert sur son monde et de l'appréhender avec plus de netteté au fur et à mesure de ses expériences. Tout au plus, et c'est pourtant décisif pour sa survie, ces câblages cognitifs lui permettent de composer harmonieusement ses comportements sur son environnement. Un singe saura grimper aux arbres, imiter ses congénères, se faire entendre des siens, etc. dès sa venue au monde, mais il apprendra par la pratique à sauter de branches en branches lorsqu'il sera attaqué, à reproduire des comportement culturels propres à son groupe, puis à en produire de nouveaux, ou encore à manifester clairement aux autres ses besoins et à être vigilent à ceux des autres autour de lui.

    En ce qui concerne l'être humain, ces « théories naïves » à partir desquelles l'individu humain se déplacerait dans son environnement social, seraient au nombre de quatre : une physique naïve, une biologie naïve, une psychologie naïve et une morale naïve (Ibid.). Nous avons une compréhension intuitive de la gravité ou des distances (note 1. p. 109) ; nous sommes capables de distinguer dès notre naissance des objets physiques des êtres vivants (p. 111) ; à l'appui d'exemples nombreux, Laurent Cordonier nous indique que dès l'âge de 5 ans, les enfants sont en mesure de faire la distinction entre des conventions sociales et des règles morales (p. 115-116) ; enfin, à partir de l'âge de 5 ans, les enfants sont capables d'anticiper les actions des autres (p. 133).

    À ces quatre « théories naïves » qui animent les êtres humains dès leur naissance en tant qu'ils sont humains, l'auteur en ajoute une cinquième, la sociologie naïve. L'être humain serait un être essentiellement – naturellement – social (p. 9). Il porterait en lui certains modules cognitifs lui permettant d'intégrer les relations sociales endogènes à la vie en société. L'ouvrage en relève deux : le besoin de vivre dans un groupe, ce que l'on qualifie traditionnellement d' « instinct grégaire » ; et l'attirance de ce qui nous ressemble, ce que les sociologues nomment homophilie (p. 160). Ces deux caractéristiques de l'être humain, lesquelles peuvent également se retrouver chez d'autres espèces, ont fait émerger deux « mécanismes affiliatifs naturels » qui ont pour rôle de renforcer nos relations sociales (p. 161) : l'imitation et le conformisme.

    L'imitation résulterait du principe d'homophilie qui est à la base des relations sociales, et assurerait ainsi du lien social en adoptant la conduite des autres, dans la mesure où imiter les autres permettrait de se faire accepter plus facilement par un groupe. Le conformisme, quant à lui, favorise également le lien social en rendant l'individu semblable aux autres, et pourrait s'expliquer par le besoin d'appartenir à un groupe social. Car l'isolement est une menace pour la survie de l'individu, il est plus avantageux pour ce dernier de renoncer à l'expression de sa propre sensibilité sur son environnement afin d'être assuré d'intégrer un groupe.Voici donc le cœur de la thèse de cet ouvrage.

    À l'appui des sciences naturelles modernes, Laurent Cordonier reprend le schématisme kantien, puis la pensée que Noam Chmosky développa autour de la question de l'acquisition des langues, ceci dans le but de montrer que la nature du social – donc le titre de l'ouvrage lui-même laisse entendre la double origine – est intrinsèquement guidée par des principes à la fois biologiques et sociologiques, phylogénétiques et culturels, et à ce titre, ni les sciences naturelles, ni les sciences sociales ne peuvent être secondarisées. On peut ainsi conclure, en citant Merleau-Ponty, que « tout est fabriqué et tout est naturel chez l’homme, comme on voudra dire, en ce sens qu’il n’est pas un mot, pas une conduite qui ne doive quelque chose à l’être simplement biologique, et qui en même temps ne se dérobe à la simplicité de la vie animale, ne détourne de leur sens les conduites vitales, par une sorte d’échappement et par un génie de l’équivoque qui pourraient servir à définir l’homme » (Phénoménologie de la perception, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 2015).

    G. H.

     
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