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MONOGRAPHIE

Variations scientifiques

Recherches sur l'histoire et la philosophie des sciences en Europe et en Chine

  • Pages : 115
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  • Support : Document imprimé
  • Edition : Originale
  • Ville : Paris
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  • ISBN : 978-2-7056-9042-7
  • URL : Lien externe
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  • Date de création : 06-02-2017
  • Dernière mise à jour : 22-11-2017

Résumé :

Français

Partant de la thèse selon laquelle la Chine n'a pas connu de révolution scientifique analogue à celle que l'Occident a traversée depuis la Renaissance et le XVIIe siècle, l'auteur cherche à en dégager les raisons en dégageant les différences épistémologiques entre la Chine et l'Occident. Dans le premier chapitre, « Des croyances et des jugements », l'auteur montre que la Chine n'a pas seulement connu l'approche téléologique et magique des phénomènes naturels — pluie, sécheresse, éclipses — comme celle du Chunqiu Fanlu de Donc Zhongshu, qui s'inscrit dans la continuité de la cosmologie traditionnelle. Il y eut également une interprétation mécanique s'appuyant sur des observations, comme celle du Lunheng de Wang Chong, qui critique les superstitions attachées aux phénomènes naturels. Cette dernière conception est proche de celle qui permit à l'Occident d'entrer dans sa modernité. Le deuxième chapitre, « Une structure héliocentrique », compare les débats astronomiques apparus en Occident et en Chine. L'Occident a connu la rupture héliocentrique lorsque Copernic rompit avec Aristote et Ptolémée. La Chine a également développé de longue date un savoir astronomique fondé sur les observations, sans connaître de rupture comparable à la révolution copernicienne. Le troisième chapitre, « Une démarche cognitive », montre certaines formes d'étude de la perception apparues en Chine. En Chine comme en Occident, la perception a fait l'objet d'une interrogation dans son lien avec l'illusion d'une part, avec les mathématiques d'autre part. La perception a notamment été assistée par des instruments de mesure. Dans le quatrième chapitre, « Des raisonnements mathématiques », l'auteur montre comment sont apparus en Chine des problèmes analogues à celui de la quadrature du cercle. La Chine a proposé des méthodes de calcul de la circonférence du cercle ; celle de Lui Hui est analogue à la méthode d'exhaustion d'Archimède. L'auteur entend montrer ainsi que la Chine a posé les mêmes questions que l'Occident, tout en y apportant parfois des réponses différentes. Dans le cinquième chapitre, « La diversité du répertoire », l'auteur montre les raisons sociologiques qui ont pu faire obstacle en Chine aux révolutions scientifiques ; en particulier, le système des examens favorise le retour à un corpus imposé de classiques plutôt que leur critique. Le corpus scientifique a été soumis au même traitement, ce qui a fait obstacle à toute révolution scientifique. L'arrivée des Jésuites en Chine a ainsi provoqué une rupture avec les particularités de la science chinoise. L'ouvrage s'appuie sur la lecture de plusieurs classiques chinois (le Gnomon des Zhou, Dong Zhongshu, Wang Chong, les Neuf chapitres…), comparés avec des textes scientifiques occidentaux (Aristote, Archimède, Ptolémée, Copernic, Descartes, Galilée, Leibniz…). Il cite également les travaux de plusieurs sinologues (Granet, Needham, Maspero, Gernet, Martzloff, K. Chemla…) ainsi que de philosophes (Kant, Husserl, Merleau-Ponty), d'historiens, sociologues et philosophes des sciences (Latour, Foucault, Koyré, Kuhn…). L'ouvrage est introduit par une préface de Jean Dhombres et trois illustrations. Il se termine par un index de noms et de notions en pinyin et en sinogrammes. B. M.

 

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Dernière mise à jour : Vendredi 03 décembre 2021