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MONOGRAPHIE

La fin d’un grand partage

Nature et société, de Durkheim à Descola

  • Pages : 314
  • Collection : CNRS Philosophie
  •  
  • Support : Document imprimé
  • Edition : Originale
  • Ville : Paris
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  • Institution : CNRS
  • ISBN : 978-2-271-08211-4
  • URL : Lien externe
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  • Date de création : 26-02-2015
  • Dernière mise à jour : 16-03-2015

Résumé :

Français

[Texte remanié de : Thèse de doctorat, sous la direction de Stéphane Haber : Philosophie : 1 vol. : Université de Franche-Comté : 2011 : 527 p.]. – Cet ouvrage s’inscrit dans la tradition des sciences sociales. Mais son parti pris méthodologique est d’écrire leur histoire philosophique, qui plus est singulière, puisqu’enrichie par une approche anthropologique, elle-même nourrie par l’étude comparative des sociétés non-modernes (i.e. sauvages). Son objectif est de mener une analyse critique approfondie du naturalisme, c’est-à-dire de la fonction épistémologique essentiellement polémique du concept de nature dans son rapport au concept de société, lorsqu’il s’agit de penser les rapports des collectifs humains à leur environnement. Dans le premier chapitre, Pierre Charbonnier retourne aux origines de cette topique, en étudiant la pensée des rapports du naturel au social dans le positivisme d’Auguste Comte, l’anthropologie d’Edward B. Tylor, la sociologie et l’anthropologie religieuses d’Émile Durkheim. Les analyses que ce dernier propose du clan et de la religion totémique, adossées à une théorie du symbolisme, révèlent en effet la façon dont le social et le naturel se trouvent ainsi co-institués. Une fois le dispositif théorique (de constitution du social dans son rapport à la nature) exemplifié dans le cadre de la problématique religieuse, il s’agit de savoir comment celui-ci a été mis en œuvre dans divers contextes ethnologiques et historiques – en Australie, Chine et Grèce anciennes, dans l’étude des sociétés eskimos, en Nouvelle-Calédonie – à partir de l’analyse des résultats des travaux respectifs de Durkheim et Marcel Mauss, Marcel Granet, Jean-Pierre Vernant et Maurice Leenhardt, pour saisir comment s’articulent catégories sociales et catégories cosmologiques (chapitre 2). Dès lors, on est conduit à comprendre comment la méthode analogique d’investigation (absolument novatrice) élaborée par l’anthropologie structurale de Claude Lévi-Strauss en est venue à subvertir la méthode référentielle des identifications totémiques, et nous a permis de comprendre que ce qui distingue historiquement pensée sauvage (i.e. la pensée des sociétés non-modernes) et pensée naturaliste (i.e. celle des sociétés modernes), c’est l’infléchissement, sous le poids de l’idée de nature, d’une logique catégorielle ordonnée par des symboles vers une logique catégorielle ordonnée par des concepts, une même rationalité étant à l’œuvre dans l’un et l’autre cas, mais produisant des ordres non congruents (chapitre 3). C’est alors à la critique de l’idéalisme résiduel de l’anthropologie structurale par les anthropologues post-structuralistes que l’auteur s’attèle, dans la mesure où l’autonomie du symbolique soutenue par Lévi-Strauss « rend impossible de concevoir la production du social au niveau de son rapport à la nature » (p. 226). À cet idéalisme, il s’agit de substituer une analyse économique comparée des systèmes sociaux (Maurice Godelier) articulée à une écologie politique comparée des civilisations (André-Georges Haudricourt) ; le croisement de ces deux perspectives (Philippe Descola) ayant conduit – sur fond de très longues controverses – à l’émergence récente d’une science sociale de la nature (chapitre 4). On croisera avec profit la lecture de cet ouvrage avec ceux de Claude Gautier (voir [a=http://www.philosciences.org/notices/document.php?id_document=3132]notice SiPS n° 3132[/a]) et Gildas Salmon (voir [a=http://www.philosciences.org/notices/document.php?id_document=2831]notice SiPS n° 2831[/a]). – Bibliographie, pp 295-304 ; Index, pp. 305-306 ; Remerciements, p. 307 ; Table des matières, pp. 309-311 ; Liste des ouvrages parus dans la collection « CNRS philosophie », pp. 313-314.

F. F.

 

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