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Vers une science sociale du vivant

Monographie

Vers une science sociale du vivant


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Auteur :
  • Pages : 252
  • Support : Document imprimé
  • Format : 14 * 20.5 cm
  • Langue : Français
  • ISBN : 978-2-348-08648-9
URL :
  • Date de création : 16/06/2026
  • Dernière mise à jour : 16/06/2026
  • Bibliographie : p. 235-242

Résumé 

Français

Cet entretien en six chapitres, mené par Laure Flandrin et Francis Sanseigne, permet au sociologue français Bernard Lahire de revenir sur les thèses exposées en détail dans son ambitieux ouvrage Les Structures fondamentales des sociétés humaines, paru aux mêmes Éditions La Découverte en 2023 et nommé ici « SFHS ». L’entretien est complété par un texte inédit de Lahire, intitulé « Propriétés du vyvant, propriétés de l’espèce, conséquences sociales et variations culturelles », qui reprend, approfondit et condense les résultats des SFHS. Ce titre du texte inédit final, avec l’orthographe « vyvant » au lieu de « vivant », exprime parfaitement la singularité du travail de Lahire ainsi que l’esprit qui anime l’entretien. S’inspirant des chercheurs Stuart Bartlett et Michael L. Wong, qui avaient proposé le terme « lyfe » à l’occasion d’une redéfinition « élargie et détaillée » du vivant selon les quatre propriétés de la faible entropie, de l’auto-catalyse, de la régulation homéostatique et du traitement d’informations fonctionnelles sur l’environnement, Lahire y ajoute le « cinquième pilier » que sont les 
« mécanismes de défense » fondés sur la différence entre un « soi » et un « non-soi ». Ce cinquième pilier permet, plus encore que les autres, de comprendre pourquoi le titre du texte inédit de Lahire évoque les « conséquences sociales et variations culturelles » des 
« propriétés du vyvant » et « de l’espèce » : du système immunitaire aux actions de guerre inter-groupes en passant par les soins parentaux nécessaires à la défense-protection de la progéniture, on a affaire à des degrés de complexité du vivant tel qu’il porte en lui le devenir-social, et cela avant l’espèce humaine elle-même. 

L’idée de « science sociale du vivant », qui fait le titre de l’ouvrage et résume l’entretien, dit alors que derrière les lois spécifiquement biologiques de l’organisme et les lois spécifiquement sociologiques du groupe, il existe « des lois et des propriétés communes » dont il faut partir pour se rendre capable de saisir ensuite clairement la spécificité de chaque ordre de complexité - ou d’« intégration ». Or, les sociologues, anthropologues et historiens sont aux yeux de Lahire prisonniers de l’idée d’une coupure anthropologique en vertu de laquelle ils ont « les yeux rivés » sur les « singularités culturelles-historiques des sociétés », au lieu de penser des lois socio-historiques générales en partant des lois universelles du vivant, dont les sociétés humaines sont une forme d’existence déjà préparée par les sociétés non humaines sur lesquelles travaillent les éthologues en tant que sociologues du non humain. L’entretien, après avoir évoqué la genèse de ce très ambitieux programme de reconstruction des sciences sociales, s’attache à rappeler pourquoi Lahire soutient que les sciences sociales doivent être des sciences nomologiques, les raisons de cela s’approfondissant avec leur raccordement aux sciences du vivant. Le cœur du propos réside alors dans l’idée d’une « combinatoire des grands faits anthropologiques, des lignes de force et des lois » : les premiers se situent entre propriétés biologiques et propriétés sociales génériques, les secondes sont elles aussi relativement invariantes mais engendrent des modalités culturelles variables, et les dernières déterminent le fonctionnement et le développement de toute société humaine. Une telle perspective appelle une complexité théorique qui ne peut qu’engendrer des malentendus, que l’entretien cherche à lever avant de se conclure sur « l’avenir de la science sociale ». - Remerciements ; Bibliographie ; Index.

J.-H. B.

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